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Gay de cite

Dans l'imaginaire de certaines personnes, un éducateur homosexuel est forcément pédophile. Cet amalgame est terrible. Pensez-vous que le comportement homophobe des jeunes dans les cités, que vous décrivez dans votre livre, est lié au poids de la religion? Dans les cités, on est contraint de suivre ce que la religion impose, on est emprisonné dans le rôle qui a été défini pour l'homme.

Il faut être comme ça et pas autrement. Pour ne pas être rejeté par son entourage ou sa famille, il ne faut pas aller à l'encontre des principes religieux.

Envoyé spécial. Homo en banlieue, le combat de Lyes - 7 février 2019 (France 2)

Aujourd'hui, tous ces jeunes qui pourtant sont nés en France ont hérités de la culture musulmane de leurs parents et condamnent d'emblée l'homosexualité. Si l'un d'entre eux se rend compte qu'il est attiré par des garçons, il le vit très mal. Là bas, on n'a pas le choix. On est dominés par la culture des parents, par le poids de la religion et on a l'impression qu'on ne peut pas s'en échapper. Du coup, beaucoup de jeunes adoptent un comportement homophobe pour cacher encore plus leur homosexualité qu'ils refoulent déjà.

"Être gay en cité, c'est un drame"

Moi même, quand j'étais jeune, je vivais mal ma différence par rapport à mes camarades. Alors, pour leur prouver que j'étais comme eux, j'allais toujours provoquer un couple d'hommes qui vivaient dans une petite maison. Pas de manière méchante, rien à voir avec ce qui se passe aujourd'hui dans les cités, mais j'allais toquer à leur porte et je me sauvais.

Je parasitais leur vie pour montrer à mes camarades que je rejetais l'homosexualité. Je pense que c'est la même chose pour les jeunes qui m'agressaient dans la cité. Ils faisaient ça pour prouver à leur bande qu'ils n'étaient pas comme le pédé qu'ils étaient en train de violer. En faisant ça, c'est comme s'ils se dédouanaient d'être gays. Cet acte leur fait plaisir car la plupart du temps c'est le seul moment où ils peuvent trouver une jouissance sur le plan sexuel.

J'ai subi des tournantes, au même titre que des filles subissent des tournantes dans les caves. C'est le seul moment où ils peuvent avoir un contact sexuel avec un homme. Ils font ça en groupe car on ne voit pas vraiment qui est qui, c'est le groupe qui agit. Souvent quand je croisais ces personnes là individuellement, ce sont des gens qui marchaient tête baissée, ils n'ont plus cette force quand ils ne sont plus en groupe.

Pour moi, ceux qui m'ont agressé sont des homosexuels refoulés. Coincés dans leur milieu, sous le poids de la religion, ils sont frustrés et en deviennent violents. Peut-on dire que votre véritable coming out à été l'écriture de votre livre?

TÊTU | Jaffar : "J'ai quitté ma cité pour vivre mon homosexualité"

Ce livre a été pour moi une libération. J'avais besoin de dire les choses, j'étais remonté contre cette société. Aussi bien dans ma situation famille que professionnelle, je m'obligeais à vivre isolé, loin du regard des autres à cause du qu'en dira-t'on. J'avais besoin de m'émanciper, de sortir du mal qui m'envahissait. L'écriture pour moi ca a été une forme de psychothérapie. C'est aussi un message qui s'adresse à ma famille, mes amis, mon entourage mais aussi à ceux qui m'ont fait du mal, pour leur faire comprendre qu'en plus de faire du mal à des gens comme ils m'en ont fait , ils s'en font aussi à eux.

Ecrire, c'était pour moi verser les dernières larmes, une bonne fois pour toutes. C'était le livre ou la fin. Je ne sais pas ce que je serai aujourd'hui si je n'avais pas fait ce livre. J'avais besoin de m'exprimer et de dire enfin les choses pour me libérer. Avec le recul, j'aimerais retourner à mes vingt ans, avec ce que j'ai dans la tête aujourd'hui et tout recommencer.

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Heureusement, je me ressource aussi grâce à deux activités qui sont pour moi très importantes. La radio où j'ai trouvé une deuxième famille, faite d'homos et d'hétéros avec qui je peux parler et échanger librement. J'aimerais trouver cette tolérance et cette diversité dans la société. Je retrouve cette liberté avec le Paris Foot Gay que j'entraîne et qui est une équipe très diversifiée, qui accueille des joueurs de toute confession religieuse et de toute orientation sexuelle.

Encore aujourd'hui, il y a des tas de jeunes homosexuels qui se font virer de chez leurs parents. C'est aussi pour eux que j'ai écrit ce livre, car j'ai le souvenir d'avoir vécu une jeunesse assez difficile dans l'isolement et le silence. Justement, quels retours avez-vous des jeunes gays musulmans qui lisent votre livre? Je reçois des messages de jeunes des pays arabes qui me disent que c'est vraiment une chance de pouvoir s'affirmer car chez eux, ils n'en ont pas la possibilité.

Ils aimeraient vivre dans une société comme la notre. Souvent, ce sont des jeunes qui écoutent Homomicro et ils perçoivent mes émissions comme un vrai bol d'air, ça les fait rêver. Même si aujourd'hui ça va bien, j'ai toujours le regret qu'aujourd'hui ma vie elle est avancée et je suis passé a coté de plein de choses dans la vie parce que je n'ai pas réussir à vivre épanoui, équilibré, normalement avec ma sexualité. Il y a aussi des jeunes qui m'interpellent dans des salons du livre. J'ai souvenir à Limoges d'un groupe qui tournaient en rond autour de la table où j'étais installé.

Lucide, il ajoute: Il accepte de travailler, même le dimanche. La cité était son ancienne taule. Le sexe est tabou, il se vit avec violence. On ne se montre pas en couple, une fille qui sort avec un garçon se fait traiter de pute. Une seule solution pour la vivre: La honte, toujours. Il ne reste pas trace de cette histoire, pas plus que de témoins.


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Il rêve que cette situation évolue. Un ami de vingt ans: A confesse pour la télévision - il a pleuré sur le plateau - et la radio. Ne veut pas passer pour un traître à ses origines. Son émission de radio est une échappatoire. Ton rafraîchissant, pas formaté. Le racisme? Il est employé du conseil général des Hauts-de-Seine, à droite.

On a été utilisés. Le social, on le trouve aussi à droite. Il pense que la droite devrait lâcher du lest sur le mariage gay. Ses copains ont du mal à lui donner un âge. Dans Libération de vendredi, un très regrettable bug informatique nous a fait inverser les noms des personnes portraiturées. Nos excuses aux deux intéressés.

Remuer pelles et terre 12 avril à